‘Presheva com’
Ecrit par Driton Salihu
Original TEXT : Presheva.com 08-03-2010 http://www.presheva.com/opinione/2010/dritonsalihu-080310.html
En se préparant pour un voyage vers les pays de l’Union Européenne, j’ai lu quelque part un article intitulé ‘Bruxelles le carrefour souriant de l’Europe’. Motivé par le récit que je suis en train d’écrire, j’ai tout de suite pensé, combien seront souriants après cette affaire qui a commencé quelque temps auparavant, come résultat du nombre des refugiés de la vallée de Presheve, de Macédoine mais aussi du Kosovo, sur le territoire belge, qui ont choisi l’état avec les meilleurs conditions pour y demander l’asile.
Pour comprendre et expliquer cette situation, pourquoi les gens prennent ce chemin, une telle façon de leur avenir, quel est le motif de leur départ cers l’occident, je suis parti avec un groupe de voyageurs sur la ligne régulière Presheve-Belgique.
On discutait beaucoup que derrière l’augmentation du nombre de ceux qui voyageaient se cache un groupe organisé qui les trompe en leur prenant de l’argent. Ainsi, en Macédoine quelques agences touristiques ne fonctionnent plus et il n’y a pas des lignes qui transportent les voyageurs vers l’Europe. A cause de ce fait des voyageurs de Kumanove sont venus à Presheve. Le départ de Presheve était prévu samedi à 10.00 heures.
Le samedi froid du mois de mars tous les voyageurs étaient réunis. Certains voyageaient vers l’Autriche, l’Allemagne et la Belgique. Des gens étaient venus saluer leurs proches et leur souhaiter un bon voyage. Les gens étaient émotionnes, certains étaient contents, joyeux, certains pleuraient, étaient abasourdis .. surtout à cause de la séparation de leurs proches.
Il y avait diverses générations parmi les voyageurs. Les plus âgés qui partaient en visite chez leurs enfants en exile, de jeunes couples avec des enfants mais aussi des personnes qui voyageaient seules. Le car s’est très vite rempli, il y avait même des gens debout. Le car est parti à l’heure prévu avec l’explication qu’à Bujanovc nous allons monter dans un autre car à cause des voyageurs qui n’avaient pas fait la réservation avant. Dans le car on entendait seulement la voix de ceux qui parlaient avec leurs téléphones mobiles en informant leurs proches qu’ils partaient et que tout était en ordre.
Photo (WTC, le Commissariat où les demandeurs d’asile se présentent pour la première fois)
Un home âgé de Kumanove raconte qu’il a dû voyage de Presheve car les lignes depuis la Macédoine sont interdites. Le dernier car était parti une semaine auparavant. Il a un fils qui travaille depuis longtemps à l’étranger et le deuxième était récemment parti dans le but de demander l’asile.
‘Il y a deux jours il a entendu que tous les demandeurs d’asile seront renvoyés et il a retiré sa demande, il pense aller en Suisse et essayer quelque chose là bas, car s’il s’inscrit come demandeur d’asile, il a e peur d’être rapatrié tout de suite et donc il veut profiter de ces trois mois du droit de séjour sans problème’ a t il dit.
C’était un chemin longue et fatiguant, les enfants étaient encore calmes, certains jouaient avec les téléphones mobiles, prenaient des photos, regardaient via les vitres. J’ai profité de l’occasion et parler avec un jeune de 30 ans. Marié, deux enfants de 2 et 5 ans, il voyageait avec sa femme et ses deux enfants. Sa femme avait de problèmes médicaux.
‘Le fils de mon oncle travaille à Bruxelles depuis 9 ans. Suite à une discussion avec le médecin là bas et les analyses il m’a promis de m’aider pour ma femme. A Presheve j’ai travaillé come aide et mon salaire était petit. J’essaye d’aller en Belgique. On m’a promis de m’aider, d’abord je vais m’occuper de la santé de ma femme. C’est la première fois que je pars en Europe. On m’a dit qu’on accepte les demandeurs d’asile, pour trois mois. Si je n’arrive pas à faire quelque chose je partirai chez ma sœur en Suisse. Elle y est depuis 11 ans. Elle était partie d’un camp des refugies en Macédoine avec l’aide d’un médecin suisse. Son enfant est malade, il a été opéré 9 fois et doit l’être de nouveau…’
Un autre passager de Kumanove, un jeune qui voyageait avec sa femme et ses enfants raconte : ‘il fallait partir de Presheve car chez nous les agences ne transportent plus. Je vais visiter ma belle famille. A la frontière j’ai dû dire que j’allais pour une visite à Presheve car on nous empêche de partir sans raison vers l’Europe. Je pars seulement pour visite en Belgique’ répète t il de nouveau en voulant éloigner chaque doute qu’il part demander l’asile.
Photo (WTC, le Commissariat où les demandeurs d’asile se présentent pour la première fois)
En général tout le monde est silencieux ou parle lentement entre eux, vers où partent ils, qui de leurs proches se trouve à l’étranger. Après les derniers développements, il est normal qu’ils émettent quelques réserves.
‘Peut être ils vont me rapatrier tout de suite, peut être un mois plus tard, je ne sais pas, je verrai. J’ai un endroit pour y passer deux jours et puis je vais essayer de m’inscrire pour l’asile’ a dit F., un jeune de Kumanove et a rajouté ‘je n’y vais pas pour demander l’asile, car tout le monde est rapatrié’.
Un jeune de 19 ans, qui travaillait come serveur dans un café, partait vers Bruxelles avec sa sœur. Sa tante et son oncle les avaient visités mais il dit qu’il tentera de s’inscrire comme demandeur d’asile aussi. Ses parents planifient de partir la semaine prochaine.
Photo (WTC, le Commissariat où les demandeurs d’asile se présentent pour la première fois)
Environ 200 kilomètres après le départ, les enfants ont commencé à perdre la patience et devenir nerveux. Dans le car il faisait chaud. A l’extérieur il y avait du soleil. Les enfants se posaient la question, quand vont-ils arriver à la destination ? Leurs parents leur répondaient encore un peu même s’ils savaient que le chemin était encore long.
Un jeune assis a coté de moi dit qu’il va avec sa famille chez son oncle. Ne voulait pas dire plus, il était silencieux. Il voyageait avec sa sœur et ses parents. Nous nous sommes arrêtés pour la première pause, pendant une demi-heure. Nous avons continué le voyage. Plus la première frontière approchait plus la peur montait auprès des voyageurs, comment répondre si on leur demande où vont-ils, chez qui vont-ils ? Ils avaient tous préparés ce dont ils vont répondre : ‘ je leur dirai que je vais chez mon frère. Il m’a dit qu’il payera les frais du voyage et m’accueillera. J’ai un peu d’argent avec moi’.
La partie du chemin jusque la frontière avec la Hongrie est passée de façon normale, en regardant la télé, endormant. Quelques kilomètres avant la frontière, il y a eu une nouvelle pause de 10 minutes. Les gens parlaient au téléphone avec leurs proches
Photo (WTC, le Commissariat où les demandeurs d’asile se présentent pour la première fois)
Une fois arrivé à la frontière on nous a prévenu de préparer les passeports pour le contrôle. Il y avait un seul car devant nous. Les douaniers se ont présentés et a demandé à certains vers où partaient t ils, combien d’argent avaient ils avec eux. Ils se comportaient très bien en plaisantant ce qui a rassuré les voyageurs. Après le contrôle de la police frontalière nous sommes partis vers la frontière entrante de la Hongrie, la première frontière de l’Union européenne et là nous avons attendu encore plus longtemps car c’était le temps de changement de l’équipe des douaniers et des policiers.
Le policer a pris les passeports pour les estamper, les voyageurs ont commencé à perdre la patience, les enfants devenir nerveux et il faisait chaud dans le car. Comme tout était en ordre nous sommes entrés en Europe sans visas. Ensuite nous avons fait une nouvelle pause en Hongrie. Les gens étaient plus calmes, l’ambiance était plus joueuse, nous avons mangé un peu pendant la pause. Les hongrois du restaurant étaient surpris par la présence d’un seul car vu que les dernier temps ils étaient habitués de voir plusieurs cars en même temps.
Nous avons traversé la plus grande partie de la Hongrie et d’Autriche pendant la nuit et presque tous les voyageurs dormaient. Le matin nous sommes arrivés en Allemagne enneigée mais les routes étaient nettoyés et fréquentables.
Même si c’était dimanche, les routes étaient remplies des voitures. Les voyageurs dont la destination était l’Allemagne ont commencé à contacter leurs proches et le nombre des voyageurs après l’Allemagne a diminué. Il ne restait que nous dont la destination était la Belgique et même les conversations maintenant étaient plus ouvertes.
En discutant avec un jeune de 21 ans sur les motifs de son voyage il a dit ‘il y a peu de temps j’avais décidé de partir en Norvège où j’ai une copine.
Avant de partir j’ai entendu que là bas on n’accepte plus les demandeurs d’asile. J’ai pensé partir pendant trois mois d’abord et puis je verrai. Dans mon pays les revenus sont minimes. J’ai travaillé comme contremaitre dans le carrelage et l’installation d’eau. Il n’y avait pas beaucoup de travail. Comme je n’ai pas pu aller en Norvège j’ai décidé de partir vers la Belgique, d’abord comme invité. Avant de partir j’ai contacté un ami qui y vit et y travaille depuis des années dans la même profession comme la mienne. Il m’a conseillé de ne pas y aller car là bas il n’y a pas de travail non pus. Notre travail est payé 30 euros l’heure mais même si on me payait 20 euros l’heure je serai content. Malgré tout je partirai en Norvège car là bas on paye bien le travail dans les entreprises de poisons.
Mon oncle y va souvent depuis la Suède pour travailler, il voyage pendant 10 jours avec les bateaux de pèche. Je suis jeune, célibataire et peu importe où je vais..’
Ainsi, discussion après discussion, kilomètre après kilomètre, on s’approchait de notre but. Le trajet a duré plus de 30 heures, fatiguant et difficile et sans savoir comment les rêves de ceux qui voyagent vont terminer. Une fois arrivé à Namur j’ai très vite rencontré les gens qui étaient ici depuis longtemps. Nous avons visité quelques clubs om se réunissent nos compatriotes, il était déjà 22 heures et je n’ai pas réussi rencontrer quelqu'un.
Lors de premiers discussions là bas, avec les personnes qui travaillent et vivent depuis des années en Belgique, j’ai entendu que les derniers arrivants étaient installés dans divers endroits, les derniers arrivés dans une caserne militaire. Personne ne voulait rien dire de ceux que j’ai contactés à cause de la peur de briser leurs plans ultérieurs.
Toutes les déclarations qu’ils avaient données devant les medias locaux belges avaient presque le même contenu : ont demandé l’asile pour des raisons économiques.
Le lendemain matin je suis allé vers le commissariat aux étrangers à Bruxelles là où les gens se présentent pour la première fois. Il n’y a avait pas tellement qui attendaient devant le bâtiment. Il y avait des gens de divers états du monde. Une fois entré dans le bâtiment, le bureau de réception des étrangers était situé au deuxième étage. L’employée responsable dans ce bureau après ma demande d’obtenir des informations, m’a répondu que ce n’était pas possible là et m’a donné un numéro de téléphone pour contacter les responsables.
En regardant autour de moi j’ai remarqué que sur le mur était collé une affiche en langue albanaise informant tous ceux qui veulent rentrer au pays que cela se fait gratuitement et de façon organisée. Comme je n’ai pas pu obtenir des informations, je suis sorti dehors où des gens attendaient. Un d’entre eux avait un grand nombre de documents et la première chose qu’il m’a dite était qu’il cherchait un appartement à louer mais qu’il n’en trouvait pas. Parmi tous ces documents il avait un aussi nome ‘annexe 26’ sur lequel il était noté que la personne s’était présentée à l’office des étrangers à Bruxelles. Il ne comprenait pas dut tout ce qui était écrit. En discutant avec quelques autres personnes il était clair qu’ils n’étaient pas du tout informés sur la loi de ce pays c'est-à-dire que l’asile économique n’existe pas et qu’il n’y a aucune chance de rester dans ce pays qui a libéralisé les visas.
Un autre un peu plus loin a dit ‘ il a eu de la chance car sur ce papier ils n’ont pas écrit (il a dit un mot en belge) sinon il serait envoyé immédiatement chez lui, mais avec celui-ci il a de la chance.
En pensant que l’annexe susmentionné est une attestation qui promet et non pas une simple attestation qui montre que l’inscription a eu lieu et donc ils ne comprennent pas la procédure. A la question où habit il, comment fait il ? Il répond qu’il est arrivé depuis deux semaines et qu’il s’en sort comme il le peut. Il y a beaucoup de gens de notre pays et ils nous aident mais le problème est que je ne peux pas trouver un appartement à louer. La commune payera le loyer car la loi est ainsi, si je trouve un appartement.
Un autre jeune arrivé avant le nouvel an ne parlait pas et à sa place répondait un autre : ‘il habite loin d’ici, dans de conditions très difficiles sans électricité et sans eau’ mais comment survit il alors ? il faisait froid, il portait une cagoule et il a dit : ‘ je suis venu avec toute ma famille, mon père vit dans un autre endroit et moi dans un autre . il est dans un hôtel, il est venu avant nous, ceux qui sont venus au début ont été installés dans des hôtels qui sont payés par l’état et sont d’un niveau très bas.
Il n’y avait pas de place pour moi et j’ai dû aller ailleurs. J’attends. J’ai le droit de porter plainte contre l’état, je verrai via un avocat car l’état est obligé de nous octroyer l’aide sociale. Du moment quand ils nous accepté les documents j’ai le droit d’être traité come un cas social. Il y a beaucoup de mon région comme moi’ dit il. Il est intéressant que presque tous donnent la même réponse.
Photo (le retour organisé – gratis)
Le lendemain matin, un jour avant l’organisation du retour par le gouvernement belge, je suis allé de nouveau devant le commissariat aux étrangers dans le but de rencontrer quelqu'un qui y attendait. A l’entré je n’ai rencontré personne, je suis monté de nouveau au deuxième étage voir s’il y avait des nouvelles. Je suis parti du bâtiment car il y avait seulement quelques étrangers qui réglaient les documents. Dehors, j’ai rencontré un jeune qui fumait une cigarette. Il m’a dit qu’il était du village Bilac. Il avait 18 ans. ‘Je suis arrivé neuf mois auparavant avec un visa Schengen, j’ai demandé l’asile e je suis dans un bâtiment adopté pour les demandeurs d’asile. Je suis les cours à l’école. Je n’ai pas encore eu des documents. Je suis venu aujourd’hui aider des demandeurs d’asile qui se présentent. Ils sont venus pour la première interview. Je voulais aller à l’école mais ils m’ont permis de venir ici et j’ai voyagé en train’.
(Photo – quartier Schaerbeek)
Ensuite j’ai continué le chemin vers le quartier Schaerbeek connu car là vivent beaucoup d’albanais. Je me suis arrêté à un endroit et j’ai vu un magasin sur lequel il était écrit ‘Chez le burek’ et à l’intérieur l’ambiance était pareille au pays d’origine. La musique populaire, au programme de la télé de la musique albanaise, sur le mur le drapeau ensemble avec celui belge. Le patron rzconte qu’il a déjà vu des gens arrivés de Macédoine et de la Vallée et qui se sont installés dans la mosquée. Pour vérifier si vraiment ces gens ont dormi dans la mosquée j’y suis allé et à l’entrée j’ai rencontré des ouvriers qui rénovaient la mosquée. Ils l’ont expliqué que je pouvais trouver ceux que je cherchais à l’hôtel ‘La pontiere’ car ils sont installés là.
(Photo – 6 euros pour la nourriture)
Je suis allé dans cet hôtel et au premier vu l’hôtel avait l’air sombre et vétuste. Je me suis adressé au réceptionniste et pendant que celui-ci parlait au téléphone je voyais un home dans un coin en train de parler avec deux enfants. Je me demandais s’il était albanais ou pas mais un albanais du nord d’Albanie m’a accueilli et m’a présenté à d’autres gens qui rénovaient l’hôtel. Il a dit au réceptionniste de m’apporter un café et il est parti en me disant qu’il avait du travail à faire.
(Photo – l’hôtel ‘Le pontiere’)
Je me suis assis et j’ai commencé la discussion avec les gens. ‘Je viens de Kumanove, d’un village tout près de la ville. J’ai 4 enfants. Je suis arrivé 3 semaines auparavant en Belgique. J’ai demandé l’asile. J’ai donné mon première interview. Aujourd’hui j’ai reçu un document me demandant de me présenter le 23 mars. Au pays j’ai vendu 3000 mètres de terrain pour 2.400 euros. Pour le voyage j’ai payé 700 euros. Après notre inscription au commissariat on nous a emmenés ici. C’est un peu serré mais on se débrouillera. On nous a donné de bons de valeur pour acheter la nourriture. La valeur d’un bion est de 6 euros. Il y a d’autres comme moi qui sont arrivés ces jours ci. Aujourd’hui certains sont partis pour l’interview’, en sortant le bon de valeur pour le montrer, quand je voulais le photographier, le réceptionniste est arrivé et en criant en français me l’a pris. J’ai appris qu’il ne voulait pas que je le photographie.
‘Pourquoi m’empêche t il de le photographier ? il n’y a rien de mal, ce n’est qu’un bon de valeur, rien d’autre, j’ai posé la question. Sans répondre, en murmurant quelque chose en français il est parti. En continuant la conversation il dit qu’il n’avait pas pensé que les conditions d’accueil seront si mauvaises. La raison de son départ était la même come pour ceux que nous avions rencontrés auparavant : le chômage, une meilleure vie et meilleure perspective pour leurs familles.
(L’auteur est rédacteur en chef et rédacteur de ‘presheva.com’ et membre du BIRN)
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