Sunday, March 28, 2010

Les camps de la honte

‘Periskopi’, Club de la politique étrangère

Revue mensuelle 01 novembre 2009

Depuis dix ans plus de 700 roms enfuis de divers endroits du Kosovo se trouvent dans les camps au nord de Mitrovica.

Même si de milliards d’euros ont été dépensés pour les besoins humanitaires un de problèmes le plus terrifiants du Kosovo n’a jamais été qualifié comme priorité auprès des autorités internationales, nombreuses organisations humanitaires et non plus auprès des institutions du Kosovo. Depuis dix ans plus de 700 roms enfuis de divers endroits du Kosovo se trouvent dans les camps au nord de Mitrovica.
Il ne peut pas y avoir une meilleure description de la misère que les images de la vie des roms dans les camps contaminés avec du plomb. Le camp à Cesmin Lug où vivent environ 50 familles roms a une construction où les baraques se tiennent l’une contre l’autre. On a l’impression que si une de baraques s’écroule il y aura un effet domino et le camp entier s’écroulera. La famille Cakolli avec neuf membres vit dans ce camp depuis 2000 et où selon l’OMS le degré de la contamination avec du plomb est insupportable.

‘Mon fils âgé de 27 ans est décédé cinq ans auparavant à cause du plomb’ raconte Elez Cakolli.’Nous sommes tous malades à cause du plomb, il n’y a pas de conditions, pas de soins, pas de médicaments’. Pendant cette période il y a eu des initiatives et de nombreux projets pour réintégrer les roms dans la société. Mais cette multitude de projets non-cordonnés au lieu d’offrir une solution pour les habitants en danger s’est converti en une chasse après les fonds pour beaucoup d’organisations qui opèrent au Kosovo. Dans la compétition pour obtenir le primat concernant le problème des camps, de façon paradoxale a été mis en deuxième lieu l’essentiel du problème. Et toujours, pendant que 700 roms sont en danger d’être contaminés avec le plomb, l’UNMIK, diverses organisations et dernièrement le gouvernement du Kosovo continuent à renvoyer la responsabilité entre elles.

Maintenant, le gouvernement prétend de traiter le déplacement et l’intégration de roms comme une haute priorité en assumant la responsabilité de la coordination du travail sur le démantèlement de camps. La plus récente promesse a été faite au début de cette année ci quand le gouvernement du Kosovo a finalement reçu de l’UNMIK la responsabilité de coordination des affaires sur le démantèlement de camps et l’intégration de roms. Pour montrer que cette fois ci il est sérieux, le gouvernement a crée un comité a part dans cette affaire. Pendant que les officiels du gouvernement s’expriment en tant que titulaires dans ce projet ceci ne correspond pas avec son participation dans le financement. Jusqu'à présent même pas un cent n’a été versé du budget consolidé pour le déplacement de roms depuis les camps au nord. La commune de Mitrovica a octroyé 10 hectares de terre dans le Quartier Rom pour la construction des maisons. De l’autre côté, Khaldoun Sinno, au nom de la commission européenne dit que les fonds éventuels dans ce projet seraient managés par la commission elle-même. Shaip Muja, conseillé du premier ministre Thaqi, nommé coordinateur du projet de démantèlement des camps Roms, au mois de mai de cette année a promis que les camps seront fermés dans trois-quatre mois et que le gouvernement local avec celui central vont s’occuper du logement, de soins de santé, de l’hygiène et de l’éducation de roms. ‘Nous espérons que ce projet sera réalisé dans un délai de quatre-cinq mois et que les deux camps au nord vont être fermés’ a dit Shaip Muja lors de la conférence du Club de la politique étrangère le 26 mai de cette année ci. Mais, 6 mois après les camps abritent toujours de centaines des roms.
Crées par la décision des autorités des Nations Unies come un refuge pour quelques semaines pour les roms qui se sont enfuis, Cesmin Lug et Osterode demeurent la honte commune de la société kosovare et un système international entier qui opère au Kosovo.

L’histoire de la honte
En 1999, les membres des communautés minoritaires habitants au Quartier Rom ont été pourchassés par les albanais vers le nord. Ils ont été établis dans quatre localités : Zhitkovc, Kabllare, Leposavic et Cesmin Lug. Trois de ces endroits étaient utilisés pour déposer les déchets de la sidérurgie du plomb à Trepca. Les troupes françaises de la KFOR et l’administration de l’UNMIK avec l’UNHCR sont intervenues à l’époque pour assurer le refuge temporaire qui a signé dix ans d’existence.
Dans un rapport de l’UNMIK demandé par Bernard Couchner en novembre 2000 on note des informations qui confirment le haut dégrée de contamination avec du plomb partout dans la région de Mitrovica et dans les échantillons du sang des habitants locaux on signale une présence intolérable du plomb.
Après l’examen des analyses du sang des soldats français en 1999/2000 à Mitrovica, l’administrateur de l’UNMIK à l’époque via une décision ferme avait interrompu l’activité de la sidérurgie du plomb sous la justification que chaque poursuite du travail dans cette sidérurgie est dangereux pour la vie des habitants de la zone.
L’organisation mondiale de santé considère les zones où se trouvent les camps des roms comme les zones le plus contaminés avec le plomb dans la région de Mitrovica. Depuis 2004 l’OMS fait régulièrement appel pour le déplacement de personnes qui vivent dans ces camps et surtout dans les camps de Kabllare, Zhitkovc et Cesmin Lug et la déclaration de cette zone come étant dangereuse pour la vie.
Il a fallu à l’UNMIK cinq ans et de nombreuses pressions extérieures avant de fermer les camps de Zhitkovc et de Kabllare et déplacer les gens dans la base vide de la KFOR française à Osterode. Pourtant, les habitants de camps n’ont pas pu échapper a la contamination du plomb, qui selon un rapport de l’OMS résulte d’être dix fois supérieur au taux toléré. De l’autre côté, les habitants de Cesmin Lug ont hésité de se déplacer dans cet endroit temporaire en considérant cette demande comme absurde car le camp à Osterode se trouve à seulement 150 mètres de leurs baraques et possède presque le même niveau de contamination.
La personne officielle de l’OMS explique pour ‘Periskop’ que le manque de conditions hygiéniques, le séjour dans les baraques, le manque des vêtements, l’accès aux déchets et la nourriture inadéquate sont des éléments importants qui augmentent le risque de contamination des habitants de Cesmin Lug et d’Osterode. Même s’il existe d’autres zones à Mitrovica où la contamination est haute, les conditions de la vie font la différence et donc le taux du plomb est plus élevé chez les roms.

Selon Human Rights Watch, le manque d’autopsie des personnes décédées ne nous permet pas de constater que les habitants des camps dans le nord sont morts à cause de la contamination par le plomb mais laisse la possibilité ouverte. L’autopsie d’un enfant rom décédé à Kabllare montre les dégâts des organes à cause de l’empoisonnement et donc cette organisation demande le déplacement immédiat des habitants des camps du nord.

La fermeture de camps de la honte
En 2004, l’UNMIK a crée un panel pour demander de l’aide pour résoudre le problème de camps et le gouvernement norvégien a pris une partie du financement. Via Norvegian Church Aid (NCA) au début a financé l’entretien de camps et d’assurer la nourriture de qualité pour les habitants.
Une task force crée par l’UNMIK en 2005 a planifié le déplacement des locataires depuis les camps au Quartier Rom.
NCA a pris sur la charge la construction de six immeubles et le ‘Danish Refugee Council’ a construit 57 maisons dans cette partie de Mitrovica. 108 familles roms ont été installées dans ces bâtiments et 150 autres attendent dans l’angoisse. L’intégration dans la partie sud de la ville n’était pas facile. La dépendance de l’aide serbe, la scolarisation des enfants en langue serbe, les obstacles pour trouver un travail, représentent les principaux problèmes de cette communauté.
Qazim Gushani, représentant du quartier déclare que la majorité des habitants du Quartier Rom sont sans travail et que leur marché du travail se trouvait surtout au nord en tant que main d’œuvre. Une partie de fonds norvégiens a été destiné au projet ‘Hôtel Industrial’ qui prévoyait la création des lieux où les habitants du quartier pourraient exercer leur métier. Des containers usés étaient déposés dans une partie du quartier pour activer l’activité professionnelle des habitants. Selon ce qu’on a vu cette idée ne semble pas améliorer la grave situation économique de cette communauté.
Depuis 2008 NCA a transformé son programme au Kosovo ‘Agency for advocacy and development’, KAAD, en tant qu’agence au sein du Ministère de retour et des communautés, qui a pris en charge l’entretien des camps de Cesmin Lug et d’Osterode.
‘Entretemps, une de raisons du retrait de NAC après la dernière construction de l’immeuble était aussi le mécontentement par rapport au gouvernement du Kosovo et son intervention politique et financière pour améliorer cette situation’.
‘Nous étions dans le Quartier Rom, la situation n’est pas très bonne’, a dit Agon Maliqi, officiel de l’ambassade norvégienne. Les logements ne sont pas entretenus et je pense qu’il ne faut pas accuser seulement la communauté rom pour cela. Les logements ont été construits selon les standards mais personne ne s’occupe de leur entretien’, raconte Maliqi. Il était étonné du fait comment une compagnie de nettoyage de la ville choisit les habitants du quartier rom pour montrer la rigueur dans l’encaissement en convertissant le quartier en un grand lieu de déchets.

Les déportations
Comme pour l’ironie la République Fédérale d’Allemagne insiste pour signer l’accord de rapatriement avec le gouvernement du Kosovo. Un accord pas encore signé mais finalisé entre les deux parties concerne la déportation d’au moins 12.000 roms qui vivent actuellement en Allemagne et ne satisfassent pas les critères de séjour. Un haut officiel du ministère des affaires intérieures au Kosovo confirme que le gouvernement du Kosovo est soumis à la pression allemande pour signer cet accord et nie que quelqu’un aurait exprimé quelque part le souci de manque de moyens pour accommoder ces personnes au Kosovo. Un système d’administration qui depuis huit ans n’a pas résolu le problème de 700 habitants en danger à cause de la contamination par le plomb, peut être difficilement qualifié come apte pour gérer le destin de 12.000 personnes dans le besoin. La décision pour continuer avec ces déportations serait d’autant honteuse.

Les défis d’aujourd’hui
Entretemps, le Comité du gouvernement du Kosovo, qui a commencé son travail en printemps de cette année ci, prétend qu’à partir de maintenant s’occupera lui-même de gestion de toutes les investissements dans le projet de déplacement de roms. Le président de ce comité et collaborateur très proche du premier ministre Thaçi, promet qu’il mettra de l’ordre sur les moyens destinés au démantèlement de camps. Pendant qu’au mois de mai de cette année ci celui-ci donnait un délai de 4-5 mois pour la fermeture de camps maintenant il dit que le délai réel serait l’automne 2010. Interrogé s’il trouvait nécessaire le payement d’un fond du budget consolidé pour résoudre au plus vite ce problème, Shaip Muja dit que le gouvernement du Kosovo a encore beaucoup autres problèmes plus prioritaires.
De l’autre côté, USAID a versé cette année ci 5 millions Euros pour la construction de 50 maisons dans le Quartier Rom. Via Mercy Corps est planifié la construction d’un complexe d’immeubles sur le terrain qui a été décidé par l’assemblée communale de Mitrovica. Selon les officiels de Mercy Corps la priorité sera donnée aux familles installées à Cesmin Lug et les autres familles seront temporairement déplacées à Osterode où les conditions sont un peu meilleures. Pour que ce projet soit fini, il est nécessaire un fond pour construire encore 80 maisons et pour lesquelles le terrain a été décidé.
Khaldoun Sinno, de la commission européenne, a dit que cette institution examine la possibilité d’octroyer un fond dans ce projet mais qu’il n’y a pas encore eu de décision officielle.’ Une chose est sûre, chaque projet qui est financé par l’union européenne sera dirigé et réalisé par celle-ci et personne d’autre’.
Même si des experts de la société civile disent que l’argent n’est pas le problème principal pour résoudre le problème de camps et adressent le problème à la volonté politique, le HRW recommande à la commission européenne et au gouvernement du Kosovo de se montrer plus généreux quand il s’agira de résoudre ce problème.

L’image de la honte
L’affaire de camps roms n’est pas passée sans bruit ni dans les grands medias mondiaux. Dans beaucoup de rapports de medias mondiaux le Kosovo est représenté dans le contexte de la transgression de droits de l’homme. Malgré l’adoption d’un paquet constitutionnel très avancé pour les droits de la communauté rom, le Kosovo, via les camps au nord a eu une mauvaise réputation. Le président du bord de la politique étrangère, Veton Surroi, dit que ‘le paquet des communautés a incité un soutien international mais ce soutien est aussi une obligation car il est conditionné’.
Le plus récent rapport de Human Rights Watch, publié en juin 2009 a mis la société kosovare sur le bang des accusés à cause de la transgression de la communauté rom. Dans ce rapport, le Kosovo est mentionné pour le mauvais traitement et la négligence des institutions locales envers cette minorité. Même si une partie de critiques mondiales sont adressées à la présence internationale au Kosovo, les effets collatéraux endommagent les tentatives du Kosovo pour projeter une image de la société multiethnique et responsable envers les communautés minoritaires. Le rapport choquant qui met en évidence les conditions décevantes dans lesquelles vit une des minorités le plus défavorisés de l’Europe’ a rouvert la discussion du manque de la volonté politique pour résoudre ce problème.
Le Kosovo dans ses prétentions pour devenir le nouveau membre de la communauté internationale sera moralement contesté tant que le problème de roms au nord demeure irrésolu. De plus ce problème menace de se convertir en talon d’Achille pour le Kosovo.


Cesmin Lug

La carte de la contamination par plomb de la terre dans la région de Mitrovica selon les données de l’Organisation Mondiale de Santé.

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