‘Presheva com’,23/09/2009
La Serbie sans standards
‘Le meurtre et la non clarification de l’affaire du conseillé Isuf Azizi ainsi que beaucoup d’autres affaires de cette nature, comme la non punition des responsables des meurtres, des expulsions et des autres délits criminels dans la Vallée de Presheve, montre clairement le manque de la volonté politique et des capacités de l’état pour créer un environnement pacifique et sur pour tous les citoyens de la Vallée de Presheve’ a dit pour le journal ‘bota sot’, Belgzim Kamberi, président du conseil des droits de l’homme du Kosovo de l’Est.
Interviewé par Kushtrim Maliqi
‘Bota sot’ : M. Kamberi, en tant que président du KDNJ de Presheve, Medvegje et Bujanoc, quelle est la situation actuelle respectivement celle des droits de l’homme dans ces communes majoritairement peuplés par les albanais ?
Kamberi : Même s’il y a des améliorations relatives par rapport aux années précédentes, les droits de l’homme à Presheve, Bujanoc et Medvegje sont toujours menacés à un grand niveau. Il y a un progrès symbolique dans le domaine du respect des droits individuels mais il n’y a presque pas de progrès dans le domaine des droits collectifs des communautés. Dans plusieurs domaines, politique, juridique, économique et sociale, la situation générale continue d’être difficile pour les communautés surtout pour les albanais qui demeurent discriminés dans un haut niveau. Chaque jour, le chômage s’aggrave, Presheve, Bujanoc et Medvegje demeurent la région le moins développé du pays et avec le plus haut taux de chômage en Serbie. En ce qui concerne les albanais on distingue la discrimination au droit au travail, à l’enseignement supérieur en langue maternelle, le droit d’utiliser les symboles nationaux et le droit de libre circulation à cause de la présence militaire et des unités spéciales militaires – policières ( la gendarmerie). Dernièrement, nous avons une aggravation de la situation de sécurité à Presheve, Medvegje et Bujanoc suite aux actions des autorités policières serbes menées au nom de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé.
L’exile à la place de retour
‘Bota sot’ : Selon les rapports des medias locaux et internationaux, le dernier temps les albanais de la Vallée de Presheve, ne sont pas seulement victime de la discrimination du régime de Belgrade mais aussi victime des crimes, des meurtres, de nettoyage ethnique.. Le meurtre du député et du businessman connu ing Isuf Azizi, la 42 victime de ces trois communes ces sept dernières années. En tant que l’organisation non gouvernementale avez-vous informé les institutions internationales, l’Amnesty International ou l’ONU ?
Kamberi : Oui, le problème consiste justement dans l’incapacité et l’absence de la volonté politique des autorités de l’état pour trouver les auteurs des délits criminels à Presheve, Bujanoc et Medvegje. Dans ce contexte, le meurtre d’Isuf Azizi, marque un autre cas des meurtres énigmatiques qui ont lieu depuis des années dans la Vallée de Presheve. L’autre affaire non élucidée de l’home d’affaires de Presheve, Nebi Nuhiu ‘Neza’ qui a été kidnappé dix ans auparavant représente une autre référence de l’échec de l’état pour trouver les auteurs de ces délits.
‘Le meurtre et la non clarification de l’affaire du conseillé Isuf Azizi ainsi que beaucoup d’autres affaires de cette nature, comme la non punition des responsables des meurtres, des expulsions et des autres délits criminels dans la Vallée de Presheve, montre clairement le manque de la volonté politique et des capacités de l’état pour créer un environnement pacifique et sur pour tous les citoyens de la Vallée de Presheve, comme le répète tout le temps la politique du gouvernement serbe’. Malgré les capacités humaines et financières limités, le conseil des droits de l’home essaye de sensibiliser continuellement les institutions et les organes de la prise de décision locaux en alarmant les institutions internationales sur la transgression flagrante des droits de l’homme et nationaux de tous les citoyens de Presheve, Bujanoc et Medvegje, des droits qui sont internationalement garantis.
‘Bota sot’ : Après les meurtres, les kidnappings de suite des homes d’affaires albanais dans la Vallée de Presheve, dernièrement il y a eu aussi des arrestations et des perquisitions des maisons albanaises par la police serbe. Après cette pression et discrimination continuelle du régime envers la population albanaise de Presheve, pensez vous que Belgrade réussira son but de nettoyage ethnique ?
Kamberi : Les dernières actions des unités de la police serbe dans la Vallée de Presheve pendant le mois de décembre 2008 et juillet 2009 ont encore plus aggravé la situation de la sécurité. Et ont causé aussi les départs des gens. Donc, huit ans après ‘l’accord de Konçul’, qui est considéré come le point de départ du processus de la construction de la paix et du développement économique, au lieu d’avoir un processus organisé et institutionnalisé de retour et de réintégration des déplacés et des expulsés, on a une nouvelle vague des départs.
Les mauvais traitements délégitimés
‘Bota sot’ : Au début de la semaine passée, avec les autorités locales de la Vallée de Presheve, vous avez visité les jeunes albanais dans les prisons serbes. Quelle sont leurs conditions, leur santé, peut on parler des mauvais traitements, des maltraitances… ?
Kamberi : Suite à la visite en tant que la délégation de la Vallée de Presheve nous avons pu confirmer que neuf prisonniers albanais ont été maltraités physiquement de la façon la plus rude. Et cela, pas seulement lors de l’action de leur arrestation mais aussi pendant les premières semaines de leur emprisonnement. Et, même si maintenant il semble qu’ils n’affrontent plus la violence physique directe ils affrontent de temps en temps divers problèmes, des pressions, des chantages psychiques ou autres transgressions de leurs droits, souvent seulement à cause de leur appartenance ethnique.
Donc, le procès de leur arrestation et de leur emprisonnement prouve d’abord que la Serbie n’a pas satisfait à normes européennes des prisons lorsqu’il s’agit des droits des prisonniers issus des minorités nationales. Deuxièmement, les méthodes utilisées jusqu’à présent créent l’espace pour douter le résultat même du procès au tribunal, car les maltraitances et les mauvais traitements délégitimaient dans leur essence celui ci, malgré sa légalité et son professionnalisme.
‘Bota sot’ : Comme vous le savez, le 23 février à Belgrade commence le procès contre 17 jeunes albanais de la Vallée de Presheve accusés pour ‘les crimes envers les serbes au Kosovo’. Ce procès est considéré aussi par les autorités locales de la Vallée come étant manipulé et monté, qu’attendez vous de ce procès, s’il aura lieu ?
Kamberi : Naturellement, le Conseil de la défense des droits de l’homme observera le procès. L’idéal serait que la verité gagne, pour les victimes et pour les accusés. Mais sachant que personne n’a pas répondu pour les maltraitances exercées envers les prisonniers albanais pendant ces neuf mois de détention provisoire, cela laisse libre cours aux doutes envers le professionnalisme de la justice serbe.
P.S. Le titre et les mi titres sont de la rédaction du staff ‘presheva com’.
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