Journal ‘Lajm’,19/02/2010
Les villageois vendent les animaux domestiques, les femmes leurs bijoux, pour récolter l’argent et prendre le long chemin sans retour. A Kumanove il n’y a jamais eu autant de gens qui vendent leurs bijoux comme pendant ces jours ci et le marché du bétail est rempli des animaux.
Tous demandent à vendre et seulement à vendre et avec cet argent ils achètent le ticket en sens unique. Les albanais partent en silence, les écoles se vident. Le propriétaire de l’orfèvrerie ‘Rexho’, Rexhep Hasani, dit qu’il y a beaucoup de personnes qui offrent leur or à vendre. ‘Ce n’est pas bien car l’or s’achète pour le plaisir et se vend à cause des soucis. Ils la vendent car ils partent en exil. Dans mes deux magasins viennent beaucoup de gens pour vendre leur or. Dans 90 pour cent des cas on ne leur achète pas car ils vendent à cause des soucis, ce qui n’est pas bien’, raconte pour ‘Lajm’ Hasani. Cela fait 23 ans qu’il exerce ce travail et ne se souvient pas d’avoir connu un nombre si important des gens qui veulent vendre leur or comme c’est le cas maintenant. ‘Ceci n’a jamais été le cas, même pas pendant la guerre du Kosovo ni celle de Macédoine. Ce n’est pas un bon signe pour nous’, dit il en expliquant que les personnes qui veulent vendre leur or racontent les raisons qui les poussent de faire ainsi.
Le nombre d’élèves qui abandonnent l’école augmente de plus en plus. Seulement dans l’école primaire ‘Bajram Shabani’ de Kumanove, 12 élèves ont eu leur feuille de désinscription et d’autres vont la recevoir très bientôt. ‘Pour le moment nous avons 12 élèves qui sont partis et les prochains jours on s’attend à une augmentation du nombre d’élèves qui vont partir’, a dit pour ‘Lajm’ Ylber Limani, directeur de cette école. Il explique qu’on ne peut pas considérer comme partis les élèves qui n’ont pas reçu la feuille de désinscription. ‘Hormis les élèves qui sont partis, il y a aussi plein de parents qui s’intéressent aux procédures’, dit il. Dans les 11 autres écoles primaires de la commune de Kumanove et de Likove la situation est identique à celle de l’école ‘Bajram Shabani’ où une dizaine d’élèves ont eu leur feuille de désinscription.
La ligue des enseignants albanais (LASH) de Kumanove-Likove est inquiète à cause de la situation dans cette région. ‘Le nombre d’élèves dans ces deux communes diminue de plus en plus car les élèves partent avec leurs parents, en masse, vers la Belgique, la France etc., à cause des graves conditions économiques, le chômage, manque de perspective et l’instabilité de notre pays et là bas ils demandent l’asile.
Le psychologue, Lulezim Murtezani, dit qu’il s’agit d’une méthode moderne d’assimilation de gens. ‘Maintenant nous n’avons plus d’assimilation forcée, d’assimilation institutionnelle, mais nous avons une autre méthode, nous avons des passeports et la liberté de partir. Cette méthode d’assimilation aussi est très dangereuse. Si nous manquons de stratégie de l’emploi surtout des jeunes, nous ne pourrons pas dire non a ce phénomène’, raconte Murtezani pour ‘Lajm’. Il explique que les victimes de cette assimilation sont principalement les familles qui n’ont pas de bonnes conditions économiques. Selon Murtezani, le problème continuera jusqu’à ce que les institutions entreprennent de mesures pour l’empêcher. Les conditions économiques d’existence sont la cause principale qui oblige ces familles de prendre le chemin de l’exile. ‘Comme leurs demandes existentielles ne sont pas remplies ils trouvent différentes voies. Dans le cas concret, les citoyens, n’ayant pas de perspective prennent le long chemin lointain. Comme beaucoup de gens sont en danger, sont dans une mauvaise situation économique et leur vision est de partir à tout prix de cet endroit et de chercher le salut dans un autre endroit’ dit il.
Les dernières semaines, de dizaines de bus, remplis principalement avec des albanais, partent vers la Belgique, la France, l’Allemagne et la Suisse.
Les écoles se vident
Seulement dans l’école primaire ‘Bajram Shabani’ de Kumanove, 12 élèves ont eu leur feuille de désinscription et d’autres vont la recevoir très bientôt. ‘Pour le moment nous avons 12 élèves qui sont partis et les prochains jours on s’attend à une augmentation du nombre d’élèves qui vont partir’, a dit pour ‘Lajm’ Ylber Limani, directeur de cette école.
L’assimilation moderne
Le psychologue, Lulezim Murtezani, dit qu’il s’agit d’une méthode moderne d’assimilation de gens. ‘Maintenant nous n’avons plus d’assimilation forcée, d’assimilation institutionnelle, mais nous avons une autre méthode, nous avons des passeports et la liberté de partir. Cette méthode d’assimilation aussi est très dangereuse. Si nous manquons de stratégie de l’emploi surtout des jeunes, nous ne pourrons pas dire non a ce phénomène’, raconte Murtezani.
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