Radio Deusche Welle, 13/08/2010
"J’ai une gène quand un homosexuel est près de moi, a vrai dire je ne le supporte pas, j’ai envie de le tabasser. Que le diable le prenne, quels hommes sont ils ? Ils nous dégoûtent, je ne peux pas les voir." Cet homme de Tirana n’est pas le seul à penser ainsi.
La gène, le dégoût, le non-acceptation sont la manifestation de l’homophobie des hommes albanais à Tirana. Quand dans la métropole du pays, il y a une mentalité plus ouverte, une telle perception des hommes envers leur partie homosexuelle, on comprends comment il est radicalisé dans les autres villes et dans les provinces enfermées d’Albanie. D’autre part, une telle attitude des hommes eux même vis à vis de l’homosexualité est un baromètre pour toute la société, la flèche qui arrive sur la couleur rouge de l’alarme.
Secret hier, caché aujourd’hui
Erion, 48 ans, est un homosexuel de Tirana, ses expériences touchent deux temps : le passé communiste et les 20 ans de la société démocratique. "Avant les années 90, durant le temps du régime communiste c’était l’horreur de penser à dire, juste "je suis homosexuel", car cela était condamné pas seulement moralement mais aussi par la loi. C’était une vraie horreur, on pouvait être condamné à 7-10 ans. On devait le garder secret."
Erion a évité les prisons communistes mais il n’a pas pu se sauver de la dissimulation, de la peur, à la discrimination face auxquelles se confronte la société postcommuniste d’Albanie.
".Je ne pouvais pas penser qu’après 20 ans, les homosexuels seraient de nouveau cachés, de nouveau peureux, des gens pouvant aller jusqu’au suicide. L’année passée il y a eu 3 suicides pour des raison d’abandon par la société, par la famille. Cela montre clairement quelle est la situation en Albanie", raconte-t-il.
La discrimination ouverte
La discrimination vis à vis des homosexuels à Tirana n’est ni sophistiquée ni cachée. Elle est répandue dans les milieux publics, dans les institutions de travail, et elle est violente. "J’ai été présent quand des hommes ont maltraité des homosexuels dans des milieux publics, ils les ont battu en leur donnant des coups de manière inhumaine. La police non seulement ne protège pas les homosexuels mais elle les frappe elle même", dit Erion.
Donc, il cache qu’il est homosexuel, il doit caché à la société et à la famille sa préférence sexuelle, même si pour cela il se sent tout à fait innocent. Toutefois, pour les homosexuels albanais, pour "ces pécheurs innocents" il y a eu un changement. La loi
"Contre la discrimination" est entré en vigueur début de ce mois.
Une loi non fonctionnelle, destinée à rester sur papier
La loi est arrivée comme un début de la société civile et elle a été rédigée en collaboration avec les experts internationaux. Pour Erion c’est un pas positif, mais insuffisant pour arrêter la discrimination et changer l’homophobie de la société albanaise. "C’est une loi approuvée pour être en règle avec les partenaires internationaux et pour remplir les critères pour l’adhésion dans UE. Je pense que cette loi n’est pas fonctionnelle, car la société est agressive, les institutions même n’ont pas encore la conviction pour défendre les droits des homosexuels. Les institutions aussi qui vont appliqué cette loi viennent de la même société qui est discriminatoire. Ce mot me semble doux, les homosexuels en Albanie sont timides, il n’arrivent pas à sortir librement, donc, ils pressentent tous les dangers qui les intimident", dit Erion.
L’espoir est la survie des homosexuels en Albanie
Erion survit aux dangers. Il n’a pas l’intention de partir vers un pays de l’Europe de l’Ouest, où les homosexuels bénéficient des droits que l’application de la loi leur garanti et où la mentalité de la société accepte celui qui est différent de la majorité. "Je voudrais contribuer pour qu’il y ait aussi en Albanie un changement réel et pas légal, fonctionnel pour la protection des droits des homosexuels. J’espère qu’après quelques années, si on en discute encore, je ne devrai pas croire que c’est moi qui ait dit ces paroles", car nous aussi nous méritons une place dans la société.
Lettre, au Premier Ministre, protégez ma famille
Dans cette lettre ouverte (la deuxième) pour le Premier Ministre du pays, Klodi ; le fils qui a perturbé les médias, le public, la politique, avec ces déclarations sur l’homosexualité et la discrimination, demande de l’aide
De Klodian Çela
Premièrement je voudrais mentionner ma position devant le public je voudrais levé encore une fois la voix pour que quelqu’un m’écoute. Je vous ai choisi vous comme journal sérieux pour publier cette lettre ouverte pour le Premier Ministre, Monsieur Berisha.
Honoré Monsieur le Premier Ministre !
Le courage que j’ai montré jusque maintenant en tant qu Klodi, j’aurais voulu que cela serve à mon retour définitif en Albanie. Il est temps de comprendre que je dois rester ici comme un albanais digne, indépendamment de mon orientation sexuel. Avec mes déclaration je ne demande pas ce qui ne m’appartient pas. Je demande dignement une place dans cette société. Et cela on le sait, on peut la gagner seulement avec un travail honnête. C’est ce que je demande en tant que Klodi :
Première chose, un travail pour commencer ma vie ici. C’est très simple si je quittais le pays, mais je me sentirais perdant si je le faisais.
Deuxième chose, que va-t-il se passer avec ma famille ? Ils subissent un sort qu’ils ne méritent pas. Serait-il juste qu’à cause de mon sort, ils ne puissent pas retourner là où ils ont nés et vécus jusqu’à aujourd’hui ? Je ne demande pas de pitié pour eux mais, une protection morale et une stabilité concrète. Je ne veux pas les blesser encore plus.
Je ne voudrais pas qu’après ce qu’a dit sur ce cas la plus honorée Madame, secrétaire de l’états de USA, Hilari Klinton, Clodi reste simplement un show publique. Je pense que le temps est venu que l’Albanie avec sa société, nous acceptent. Pas seulement pour moi, mais tous ceux qui n’ont pas mon courage.
Honoré Monsieur le Premier Ministre !
Naturellement après l’intervention de l’Ambassade Américaine, Madame Klonton etc., j’ai eu aussi des promesses mais, concrètement on ne m’a pas appelé quelque part que ce soit juste pour m’écouter.
Je voudrais mentionner encore une fois que je ne veux pas profiter d’aucune circonstance, mais suite à la situation qui m’est créée je demande de l’aide pour moi et pour les membres de ma famille.
Ma mère a assez pleuré pour la douleur que moi comme sa créature lui a causé. Je voudrais qu’elle n’ait plus de larmes pour la douleur que les autres lui ont créée maintenant avec la discréditation qu’on nous fait.
J’ai fait cette lettre ouverte, car j’espère que mon message sera lu aussi par les gens au monde avec un grand esprit. C’est seulement eux qui sont dignes pour mener cette société vers la démocratie pleine et réelle.
No comments:
Post a Comment