Shekulli, 04/02/2011
Flamur Vezaj /
"De la cour du premier Ministère où la Garde de la République se trouvait, on a tiré sur les manifestants du 21 janvier avec une arme à feu".
C’est ainsi que l’inspecteur en chef de la Police Municipale monsieur Zyhdi Dajti s’est exprimé, entre autres, devant l’un des six procureurs qui enquêtent sur la manifestation du 21 janvier et ces conséquences.
Il était midi, 12 :00, hier, quand l’inspecteur en chef Dajti a répondu à la convocation du parquet, en se présentant au bureau du dirigeant adjoint du Parquet de Tirana, Procureur Genc Qano.
Après la présentation et la courte conversation , ce dernier a envoyé le premier inspecteur Dajti au bureau du procureur Ervin Karanxha, qui pendant environ quatre heures a pris le témoignage de l’homme qui durant tout le temps a demandé que la foule irritée se calme.
"Le jour de la manifestation, j’ai essayé durant tout le temps de calmer les manifestants irrités, qui ont été provoqués par la police et qui ont commencé à frapper les policiers et vice - versa", aurait dit l’inspecteur en chef Dajti devant le procureur.
Selon lui, les tires d’arme et les balles en direction des manifestants venaient de la cour du premier ministère, où se trouvait la Garde de la République. Il a raconté aussi qu’il avait aidé lui même pour le transport des trois personnes tuées et de quelques personnes blessées qui ont été envoyées à l’hôpital Militaire.
Le témoignage
Le jour de la manifestation, les employés de la police étaient au service mais ils n’avaient aucune arme, ou uniforme pour participer à la manifestation. Je suis resté presque tout le temps à la tête de la foule, en demandant aux manifestants de rester calmes. Seulement quelques minutes après 14 :00 les manifestants se sont dirigés vers le premier ministère où le grand cordon avec des policier était fixé.
Là, je me suis approché devant la foule, en demandant aux manifestants de ne pas s’approcher de la police pour ne pas être la proie des provocations. A un moment, un jeune, envoyé par la police, a provoqué la foule, on insultant les manifestants et il s’est approché des employés de la police. A ce moment, quelques employés de la police ont commencé à pousser les personnes qui tentaient de frapper le civile qui était au coin de la foule.
En ce temps, les manifestants se sont irrités et ont commencé à se bousculer avec les policiers. Ces derniers, poussaient les manifestants ensuite ils les frappaient avec les boucliers et avec des matraques. A ce moment, les manifestants se sont irrités en frappant aussi les policiers. Durant ce temps, j’essayais de calmer les manifestants et je demandais aux policier de ne pas frapper.
Mais, la situation a dérapé quand les policiers ont commencé à jeter du gaz lacrymogène et à jeter de l’eau pour disperser la foule . C’étaient des moments d’irritation pour les manifestants qui ont commencé à jeter les carrelages du trottoir, et la police répliquait avec des pierres, des balles et du gaz lacrymogène.
Cette situation a continué pour quelques temps, jusqu’au moment où la foule a commencé à jeter des pierres vers les gardes, vu que la police s’était retirée. Je suis sorti devant les manifestants et je leur ai demandé de ne pas jeter des pierres et de ne pas s’approcher de la cour du premier ministère, de s’éloigner.
La garde a commencé à tirer en l’air avec des armes à feu et ensuite quelques uns ont tiré sur la foule. J’étais devant la porte du premier ministère, le dos tourné et avec les mains levées en demandant à la foule de ne pas frapper et de ne pas s’approcher et de s’éloigner de la cour du premier ministère.
En ce moment , les balles ont frôlé mon corps en tuant des personnes. J’ai aidé de mes mains les personnes tuées et blessées en les envoyant à l’hôpital Militaire.
On n’avait pas de voitures, donc, j’ai demandé à la police municipale de s’approcher avec leur voitures pour prendre les personnes blessées et tuées, vu que les ambulances tardaient beaucoup.
Les balles survenaient de la cour du premier ministère où se trouvait la Garde de la République. "Mais je ne suis pas dans l’état d’identifier les personnes", a dit entre autres l’inspecteur en chef Dajti qui sur beaucoup d’extraits du film est enregistré avec les mains en l’air en tournant le dos au premier ministère et en faisant appel aux manifestants pour se calmer.
En voyant " la crampe " crée par le gouvernement pour la non livraison des six hauts dirigeants de la Garde de la République, le groupe d’enquête du Parquet de Tirana a décidé de ne pas interroger les gardes militaires sans que "la crampe" entre les institutions ne soit débloquée.
Mais, tant que la livraison de six gardes n’avait pas lieu, les enquêteurs de l’affaire ont commencé à envoyer des convocations aux dirigeants et aux organisateurs de la manifestation du 21 janvier, ainsi qu’aux personnes filmées par la camera de la sécurité des différentes institutions et médias. Ainsi, le groupe d’enquête a commencé à envoyer des convocations aux députés du Parti Socialiste, comme Besnik Barez, Fatmir Xhafa, Paulin Stërkaj, Tom Doshi ainsi qu’aux autres opposants comme Skender Gjinushi, Spartak Ngjela, Pjerin Ndreu.
Il est prévu que leur interrogatoire commence dès la journée de lundi, où on leur demandera de se présenter à des différents horaires au Parquet pour donner des explication concernant l’événement du 21 janvier. De même, ces sources précisent que l’interrogatoire du président du Parti Socialiste Edi Rama, parallèlement maire de la commune de Tirana, sur ce qu’il sait concernant l’événement du 21 janvier n’est pas exclu.
Les gardes du corps
Les gardes du corps du procureur en chef Rama sont internés.
Tirana – Seulement quelques jours après le changement des quatre accompagnateurs du Procureur Général, Madame Ina Rama, le commandant de la Garde de la République Générale Ndrea Prendi, qui est recherché par le Parquet, a décidé l’internement des ex-accompagnateurs du procureur en chef.
Selon les informations assurées auprès de la Garde de la République, on apprend qu’avec l’ordre du commandant Prendi trois des quatre accompagnateurs du procureur en chef Rama ont été envoyés auprès des résidences du gouvernement de Vlorë, Pogradec et Dajt dans la fonction de gardiens, malgré le fait qu’ils soient une partie du secteur de la garde de la sécurité des hautes personnalités.
Seulement trois jours après le changement des accompagnateurs du premier procureur en chef Rama, le commandant de la Garde a confirmé l’ordre du transfert des ex- accompagnateurs du Parquet Général auprès du secteur de la protection des résidences gouvernementales avec le raisonnement de réorganiser les structures après la manifestation du 21 janvier.
On apprend que le commandant du groupe de l’accompagnement Elidon Shehu, les officiers Spartak Tica et Edvin Hysolli, sont transférés et envoyés pour faire la garde des résidences à Vlorë, Pogradec et Dajt.
Tandis que le chauffeur de l’ex-procureur en chef le citoyen Myslym Alia est en attente d’un nouvel ordre, disent les sources de la Garde de la République, en justifiant le mouvement comme une réorganisation des secteurs. On a prévenu le matin du lundi tous les quatre effectifs de la Garde comme quoi ils doivent retourner à la section, étant donné qu’à leur place d’autres personnes étaient désignées pour l’accompagnement et la protection physique du procureur en chef madame Ina Rama. Seule l’officière femme n’a été pas changée , en la laissant à coté du procureur en chef les jours qui suivent.
Les gardes changés depuis novembre 2007, quand le procureur en chef Rama a pris la fonction du Procureur Général, étaient une partie de l’accompagnement de sa protection physique et de membres de sa famille. Le procureur en chef Rama avait choisi
elle même en novembre 2007 les noms de ces gardes après les listes envoyées par la Garde de la République pour les personnes qui étaient prêtes.
"Dans tous les cas, la Garde de la République, auprès de chaque titulaire d’un institution, après la prise la fonction par le titulaire, apporte une liste avec les noms des personnes actives de la garde qui font partie de l’unité de la protection et le sécurité des personnalités et parmi les noms dans cette liste le titulaire choisi certains d’entre eux sur base du nombre appartenant à la protection et son accompagnement", est-il dit par des sources.
Mais dans ce cas, cette pratique n’est pas suivie par la Garde de la République. Le Commandant lui même et son staff sélectionnent les personnes qui vont garantir l’accompagnement et la protection du procureur en chef Rama.
Le remplacement et le changement des accompagnateurs du procureur en chef a suscité une surprise auprès de l’opinion qui a levé beaucoup de points d’interrogation, vu que ces changements ont eu lieu seulement peu de jours après que le dirigeant du parquet de Tirana, Procureur Sokol Malaj qui dirige le groupe d’enquête de la manifestation du 21 janvier, a délivré six ordres d’arrestation pour la chaîne de commandement de la garde de la République.
Les ordres d’arrestation ont été délivrés depuis le 22 janvier pour le Commandant de la Garde Ndreu Prendi et pour cinq commandants des unités, les citoyens Dashamair Shehi, Alfred Ahmetcenaj, Fatos Bushati, Altin Kollçinaku et Vladimir Dedaj.
Les six gardes, selon le parquet, sont soupçonnés d’avoir commis les actes pénaux de "meurtre dans des circonstances de qualification" sur plus d’une personne et "abus du pouvoir" selon le Code Pénal Militaire.
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