Shekulli, Anila Dushi, 21/06/2010
Vendetta - Après l’inimitié née il y a 8 ans, les filles de la famille Delia ne se sont pas mariées. Elles doivent travailler pour subvenir à leurs besoins, mais aussi aux besoins des hommes de la famille qui doivent vivre cachés à cause de la vendetta.
Shkoder
La vendetta continue à demeurer une blessure profonde dans le nord de l'Albanie, tandis que le nombre de familles enfermées a subi une diminution ces dernières années. Ce phénomène continue de causer de la douleur dans la société, au sein des familles et des personnes touchées.
Il n’y a pas d’enfermés seulement dans les zones montagneuses mais aussi dans les villes, tandis que les difficultés économiques auxquelles font face leurs familles sont énormes.
Zoje Delia avec ses deux filles, depuis huit ans vivent seules et dans les mauvaises conditions économiques. C'est parce que les hommes ont quitté la maison pour se cacher, car ilss sont impliquées dans la vendetta.
Zoje Delia raconte que sa famille est arrivée de Puke à Shkoder en 1998, avec l'espoir d'une vie meilleure et s’est ensuite installée sur les prairies de l’ex entreprise de zootechnique dans la ville de Shkoder, près des anciennes écuries du complexe du bétail.
Cinq ans plus tard, en janvier 2003, son fils, âgé de 13 ans à l’époque, a été impliqué dans le meurtre d’un de ses voisins âgé de 9 ans. Zoje Delia raconte le malheur qui a envahi les deux familles et a fait que les hommes de sa famille "prennent la fuite", tandis qu’elle-même avec ses deux filles changent de maison et font face aux difficultés de la vie.
Le récit
"Mon garçon n'avait que 13 ans. Nous sommes tous enfermés. Son père à cette époque travaillait à Fier. Le fils aîné était allé chercher ses sœurs qui travaillaient dans une usine, car à cette époque existait la crainte que les filles étaient prises par la force dans les voitures, tandis que le plus jeune fils se trouvait dans la cour en train de jouer, parce que tout a commencé comme un jeu d’enfant mais s’est très mal terminé.
Nous n'avons jamais eu rien de mal de cette famille. Ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient, les enfants jouaient avec des armes de chasse. Il n’y avait pas d'intention de faire du mal. La famille de la victime, celle de Ded Lulashi, étaient et restent une bonne famille, nous n’avons jamais eu des disputes, jamais.
Mon fils avait 13 ans et aujourd'hui il en a 21, il est devenu un homme. Mon mari vient parfois discrètement, tandis que je n’ai plus vu mes garçons depuis ce jour-là, ils ne sont jamais venus. Ils ne travaillent pas, ils ne peuvent pas sortir par crainte d’être vus et dénoncés. Ils se cachent chez de proches et nous subvenons à leurs besoins.
Parce que personne ne s’occupe de vous longtemps si vous ne travaillez pas. Mes deux filles sont célibataires. Elles ne se sont pas mariées. Car elles travaillent, quand il y a du travail, pour subvenir aux besoins de leur père et de leurs frères. Si elles se marieraient nous mourrions de faim. Ainsi, nous vivrons du jour au lendemain », raconte Zoje.
Elle raconte aussi les efforts de réconciliation, qui ont jusqu'à présent échoué. Alors que les deux familles sont chrétiennes, Zoje Delia raconte qu'il était difficile d'envoyer le prêtre en tant que médiateur, car la victime avait 9 ans et pour sa famille est très pénible ce qui s'est passé.
« Nous prions et vivons avec l’espoir que le Dieu apaisera son cœur et son esprit pour qu’il comprenne que nous ne sommes pas fautifs, qu’il s’agissait d’un accident entre les enfants et pour lequel aujourd'hui nous sentons aussi de la douleur», ajoute Zoje. L'événement qui a provoqué le conflit entre ces deux familles s'est produit en janvier 2003, lorsque E. Lulashi, 9 ans, a été exécuté par une arme de chasse par le fils de la famille Delija âgé de 13 ans.
Les enfants pêchaient du poison dans le lac de Shkoder et la victime se trouvait là avec son frère et deux amis du quartier. L’endroit où ils pêchaient se trouvait à seulement 15 minutes de leurs maisons et alors qu'ils étaient en train de pêcher avec des filets l'événement s’est produit quand le garçon âgé de 13-ans a pris l’arme de chasse d’un de ses amis, âgé de 17 ans, et a tué le garçon âgé de 9 ans.
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