Wednesday, November 3, 2010

La vendetta dans le code pénal

Gazeta Shqip, 27/10/2009
La vendetta, on en parle beaucoup ces derniers temps, c’est un phénomène compliqué, et assez difficile lutté cotre comme il est difficile de lutter contre un phénomène qu’on ne peut pas comprendre. Le meurtre pour la vendetta est considéré par le Code Pénal comme un acte pénal très grave et est condamné au moins à vingt ans de prison. Au nom de la lutte contre la criminalité, il est prévu depuis peu, dans le Code Pénal, un même dispositif pour la vendetta et le meurtre par intérêt, concrètement que ce crime soit attribué à l’application du Kanun.
L’efficience de ce dispositif dans cette lutte reste à être évaluée, car la connaissance de cette norme par la loi apporte des conséquences négatives dans la société. Nous ne pouvons pas être surs, si nous avons à faire avec l’application d’une norme du droit coutumier ni dans quelle mesure nous pouvons l’appeler vendetta.

Les effets négatifs peuvent être : le suivi d’une image négative des Kanun ; leur usage pour justifier la criminalité comme le suivi d’une image irréelle de la société albanaise. Un examen en détail de ces effets et les conséquences nous mènera à la conclusion que l’existence de cette norme dans le Code Pénal n’est non seulement pas nécessaire mais aussi nuisible.

Quand on parle des Kanuns albanais, en générale, l’accent est mis sur l’existence d’un droit qui n’est pas écrit et qualifié par les chercheurs comme un droit féodal du moyen âge. En vérité, la caractéristique principale est l’existence d’un droit et son application en dehors d’un appareil étatique. En absence de l’état, pour différentes raisons et temps différents, la société à crée son organisme juridico - social, ainsi que ses mécanismes pour assurer le respect régulier établi comme une valeur commune.

1. Le Kanun est l’ensemble des normes morales juridiques de la société, qui a assumé de régler les relations entre les gens en absence de l’état. Dans ces conditions, le Kanun prend une importance particulière en ce qui concerne la création de la conscience juridique, qui à travers les mécanismes et la philosophie du Kanun est monté au plus haut niveau.

En citant Edith Durham : "ce que Leka m’a dit est au dessus des ordres religieux". Nous comprenons que la conviction envers le Kanun est plus grande que la conviction envers la religion même, en la transformant ainsi en une philosophie de vie d’un système enfermé, où n’importe quoi est prévu en ce qui concerne les règles de la vie en absence d’un ordre étatique. Ainsi, le Kanun, constituait un système juridique complet, en prévoyant aussi les mécanismes de son application. En ce qui concerne le droit pénal, concrètement la section des meurtres, à part la réconciliation et l’amende, l’amende est aussi prévue comme une sanction pour différents meurtres. Cette sanction est considérée comme une dernière chance pour donner la justice dans une société où l’état manque et les lieux spéciaux pour purger la peine.
Le Kanun détermine en détail les cas, les parties et les procédures de la vendetta.

Les procédures, dans ce cas, comme dans beaucoup d’autres, prennent une importance exceptionnelle. Le non respect des procédures, durant et après la vendetta, ce n’est pas seulement une vendetta, mais cela peut avoir des graves conséquences. Toutes les procédures comme : l’intervention du village, du clan, la vengeance du sang, la convocation des sages, l’acte du meurtre, y compris le règlement de la victime par l’auteur, prévenir la famille de la victime, les condoléances et son pardon quand c’est le cas etc., étaient réglé sans la présence de l’état. Tout cela se réglait dans une société organisée sur base du village, clan et tribus, déterminés de manière exacte, ensemble avec les compétences de chacun dans le Kanun.

En acceptant le terme vendetta, le Code Pénal fait une comparaison entre le meurtre pour vengeance et celui pour l’intérêt dans les conditions d’une société organisée dans l’état, avec la vendetta établie comme une institution du moyen âge, ou même plus tôt, dans des zones où la population faisait résistance aux différents types d’états, avec leur organisation original. Cette comparaison diminue beaucoup les valeurs de cette organisation sociale juridique, et ensemble avec elle une bonne partie de l’histoire de cette nation. Cette comparaison essaye de prendre des valeurs de l’histoire et de les actualiser dans des situations banales, en donnant un tel panorama, que les valeurs organisées d’un peuple dans des conditions d’un manque de l’état, concrétisés dans la vendetta et ses procédures, se présentent dans son contraire, c’est à dire cela sert à défaire les valeur organisées de la société, culminées à l’état.

2. La mise en place de la conscience juridique dans un niveau très haut est la conséquence de l’appui moral que le Kanun donne à ses normes juridiques. Comme il est dit plus haut, c’était un code qui régle les relations morales sociales juridiques, en faisant une philosophie complète de la vie. Le Kanun est connu, donc, comme un code moral qui prêche un système et une certaine hiérarchie de valeurs ; construit un individu avec une éducation unie, noble, jusqu’à un dévouement, une personne avec un caractère très fort, avec un moral indestructible, qui ne peut pas supporter les vices, qui vit au nom de la vertu, tout cela est résumé un une parole d’homme. Vu l’obligation morale qui est très importante pour la conscience juridique, les deux s’entrelacent, et ensuite, l’application de la loi se transforme en vertu, et aussi selon la loi il faut être virtueux. Ça s’est la puissance du Kanun. Ce lien a apporté un grand respect pour le Kanun par le peuple, aux yeux de qui le Kanun sous- entend une règle, une loi, et une morale dans tous les domaines de la vie, toutes intégrées en un système, qui rend la vie beaucoup plus simple.

En temps moderne, où le Kanun ne règle plus depuis des décennies les rapports économico – sociaux ou moraux et d’autant moins ceux juridiques, un phénomène déplaisant se manifeste. A coté de la faiblesse du rôle de l’état après la chute de la dictature, le rôle du système des valeurs est relativisé, notamment morales, dans la société démocratique. Une partie considérable, fait résistance à l’écrasement. Naturellement, la hiérarchie des valeurs ne s’identifie pas avec des valeurs du pluralisme, notamment en ce qui concerne la relativisions des valeurs morales.

En utilisant la résistance de beaucoup d’individus face à ce phénomène, beaucoup d’auteurs de meurtres pour la vendetta ou pour l’intérêt utilisent le Kanun comme une justification, avec la prétention qu’ils s’identifient par ses valeurs.

En abusant de l’idée, ils représentent la morale des ancêtres face à un temps de plus en plus immoral et qui est en train de se dégénérer, avec la prétention que la liberté doit être utilisée pour reconstruire une société plus morale, en défendant l’honneur de chacun et pas le contraire. Beaucoup de gens voient l’état après la souffrance sous le totalitarisme comme quelque chose d’étrange pour leur vie,comme une entité qui demeure là-bas, qui a le monopole de la violence, qui peut imposer des taxes, qui peut t’engager, te payer les assurances, te punir pour son intérêt. Devant cet état, que nous ne pouvons et ne devons pas influencer, nous aussi devons avoir, chacun de nous des mesures de protection. Une communauté au service de l’état, où la communauté pense et attend de bénéficier de l’état de manière directe, comme des indemnités financières, appropriations illégales etc. Ceci c’est des sensations et des concepts formés par l’héritage totalitariste, où l’état détruisait chaque autre entité à part l’état, en mettant l’état face à l’individu, en l’opprimant avec toute sa puissance. Cela provient d’un manque de culture démocratique, issu directement du totalitarisme.

La société même, n’ayant pas connu depuis des siècles une société sans état, ne peut pas imaginer une société sans état. De toute façon, le souvenir de la dictature suscite la sensation d’un état hostile et d’un système imposé de valeurs. La chute de la dictature laisse les gens affamés pour une hiérarchie de valeurs face au relativisme des valeurs que la démocratie apporte. Dans des conditions de floraison de beaucoup de trafics, bizness et intérêts contradictoires, des organisations criminelles, beaucoup d’individus affirmés par une réussite dans beaucoup de domaines, obligés ou désirant de tuer pour être affirmés, utilisent le Kanun pour se justifier devant l’opinion publique. L’histoire glorieuse du Kanun qui à part les caractéristiques que nous avons précitées a une grande influence sur beaucoup de gens et est accompagnée en pratique avec intelligence et beaucoup d’efficacité dans des situations. Ces solutions sont très proches de l’homme simple du village dans sa vie quotidienne, et font partie de sa vie. Nous rappelons qu’il n’y a pas de conflits pour la propriété, les eaux etc., dans les zones où le Kanun est appliqué pour sa distribution. D’autre part, le retour de la vendetta chez quelques individus, dans la plupart de cas, était affirmé grâce à un état inapte à effectuer son travail qui met l’homme simple et nostalgique de ces valeurs sous-pression pour faire ce qu’on attend de lui. L’homme établit une justice notamment quand l’état est inapte à l’établir pour lui.

Nous avons un paradoxe, dans la recherche de l’ordre, de la conscience juridique, nous violons la loi, en donnant l’illusion à quelqu’un que nous avons la possibilité de choix entre les deux systèmes juridiques.

L’existence de la vendetta dans le Code Pénal fait penser qu’elle existe vraiment dans le temps d’aujourd’hui et que la sanction vis à vis d’elle est le prix à payer pour l’application d’un code qui donne sens à sa vie qui pour le criminel est un prix pour le règlement de comptes ou pour un bisness plus réussi.

La vendetta pour les gens simples est en comparaison avec les crimes ordinaires, qui se justifient à travers le Kanun dans un nombre très petit et qui est toujours conséquence d’un meurtre précédant, car selon les règles le sang est pris avec du sang. Nous pouvons arriver à la conclusion que cela ne baisse pas seulement la criminalité, mais en vérité il est utilisé pour justifier moralement une bonne partie du crime à travers un code qui en fait est conçu pour faire exactement le contraire. Donc, il est conçu en fonction d’une limite de meurtre pour la vendetta, qui entre-temps peut être utilisé dans une sensation contraire. La justification à travers ce code rend plus difficile le travail de la justice.

3. La vendetta et la vengeance comprise dans le même dispositif du Code Pénal, sont toutes les deux des meurtres avec préméditation, mais le motif change. La difficulté se trouve dans la distinction entre – elles. Selon le commentaire du Code Pénal, édition de l’année 2002, il y a une vengeance : quand le meurtre est commis pour se venger suite à une violence, ou à en acte direct, comme par exemple, bagarre, calomnie etc. Avec la vendetta on comprend le meurtre commis pour se venger pour le sang du père, du frère, neveu etc., selon la règle du Kanun, "le sang pour le sang". La vengeance du sang est un règlement de compte pour un meurtre précédent. La vendetta est une vengeance en soi, vengeance avec un objectif spécifique, une vengeance du sang selon la règle du sang.

En se référant à la vendetta, le Code Pénal, fait une différence entre la vengeance selon les procédures de la loi qui s’appelle Kanun et la vengeance selon l’auto - jugement de chacun, appelée vengeance. Tant que la sanction est la même je ne voix pas comment le placement de la vendetta serait efficient, vu que en son absence le motif serait considéré comme une vengeance et aurait la même sanction. De toute façon, le problème principal reste la mise en pratique des cas de la vendetta.

Dans des conditions d’impossibilité de l’état pour tout contrôler, les meurtres pour la vengeance ont pris des grandes dimensions dans tout le territoire du pays. Le Kanun est un droit coutumier, qui s’applique dans les conditions d’une absence de l’état et est examiné cas par cas avec l’aide des sages, qui jouaient aussi le rôle d’avocat – conseillé. Dans le jugement du cas de la vendetta, le juge doit décider si l’accusé connaissait les règles du Kanun, et s’il a tué dans l’application de ses dispositifs, ou s’il a tué par l’instinct de vengeance.

Dans les conditions où le Kanun est remplacé par la loi, depuis des décennies, et lorsque la plupart de la population ne le connaît pas depuis de décennies ou le connaît partiellement, sur base des intérêts idéologiques du régime passé, il est impossible de juger si l’accusé à appliqué point par point le Kanun ou s’il était poussé par l’instinct de la vengeance. La démarche pour appliquer ce dispositif peut donner des décisions non fondées, des qualifications juridiques, en prenant en compte les circonstances extérieures, sans un lien avec la raison directe, comme par exemple : l’application du Kanun dans des zones déterminées il y a environ un siècle, le respect de beaucoup de traditions venues de ce temps dans la zone où l’accusé vit etc. De cela, il y a une réalité qui suit, où le meurtre pour se venger dans quelques zones est qualifié avec un motif de vengeance et dans d’autres zones avec le motif de la vendetta, selon l’histoire da la zone où l’événement se déroule.

La réalité du Kanun sous-entend quelques structures organisées ; des grandes familles, des villages et clans bien organisés, qui agissent comme une entité juridique et qui ont un pouvoir précis. Accepter une telle réalité c’est faux et apporte des conséquences en asseyant de changer la situation et de lutter contre la criminalité, car les reformes seraient construites sur des fausses prémisses. Pas seulement le clan, le village et la famille patriarcale n’existent comme pouvoir, mais aussi la famille nucléaire est en crise.

Le nombre en hausse des divorces et du crime dans la famille en témoigne le mieux. A la place de la réalité nous avons une réalité, où le plus fort n’est pas condamné et l’état n’arrive pas à établir la justice.

Cette situation est un couteau taillé des deux côtés ; d’un coté les forts sont encouragés dans la criminalité et la population est obligée à se venger. Nous n’avons pas une société du Kanun, mais une société qui n’offre pas à tous, les chances égales. Nous avons des individus et groupes qui ne font pas partie dans la société, qui essayent de mettre leurs règles et qui sont autant hybrides de la morale, les possibilités, le passé, l’avenir, la pauvreté et pas tellement du Kanun.

Basé sur ces arguments, nous pouvons dire que l’existence de la vendetta dans le Code Pénal est inacceptable pour quelques raisons ; premièrement, elle influence la destruction de l’image des Kanun ; deuxièmement, elle ne fait pas baisser la criminalité, vu qu’elle est utilisée pour justification ; troisièmement, il est pratiquement impossible d’identifier un meurtre pour la vendetta, tant qu’on ne peut pas déterminer si un homme a obéi vraiment au Kanun ; quatrièmement, elle témoigne une réalité qui ne existe pas en ne faisant pas concorder le droit avec la réalité.

Je juge que le dispositif qui détermine la vendetta, inclut le mieux ces actes qui en majorité sont attribués à la vendetta.

No comments:

Post a Comment