Gazeta Shqiptare, 08/04/2010
La vendetta tue également en 2010. A la tête des listes on trouve les affaires d’honneur et de propriété. Ce phénomène reste assez inquiétant dans la société depuis presque deux décennies, et surtout pour les enfants. Au nom du Kanun, des centaines et des milliers d’enfants sont obligés de rester entre les quatre murs de leur maison, sans avoir la possibilité de sortir et de vivre comme tous les autres enfants. Seulement dans le village Bardhaj du district de Shkodër, 20 enfants sont isolés, et il y a des centaines d’autres qui ne vont plus à l’école. Même si on parle d’une baisse des familles enfermées, les chiffres restent toujours tragiques. par une étude de l’organisation connue "Freedoom House", il est rapporté que 2000 enfants sont touchés par la vendetta dans toute l’Albanie. Les histoires de la vendetta sont multiples et choquantes. Tel est aussi l’événement passé deux ans auparavant, où une fille de 22 ans et un garçon de 18 ans ont été tués au nom de la protection de l’honneur. Les frères de la fille ont tiré avec une arme, en pensant qu’ainsi ils ont remis en place l’honneur empiété. Grandis dans le même ventre de leur mère ils lui ont pris la vie au nom du Kanun ! Est-ce ceci vraiment la morale du Kanun formulé il y a 500 ans auparavant ? Est-ce que vraiment le Kanun dit qu’on peut prendre la vie de quelqu’un seulement parce que on le soupçonne ? Est-ce que le Kanun dit qu’on peut sortir les armes et tirer sur les autres seulement pour un mot ou pour un cour d’eau, ou le Kanun est-il en train de profaner les règles et la loi ? Gjin Marku, président du Comité de la Réconciliation Nationale dit que : si le Kanun est vraiment appliqué, au nom de qui sont tué des gens, alors il n’y aurait pas 90% de meurtres enregistrés dans notre pays. Il explique que pour une faute ou un meurtre, il y avait les assemblées des sages qui décidaient pour le destin de ceux qui avaient commis des crimes, mais qu’il ne laissait jamais des sentiers pour qu’ils puissent se juger eux même. Le plus connu, Kanun de Lekë Dugagjini (dont les initiales étaient surprenantes qui coïncidaient avec le Haut Conseil de la Justice), défendait l’honneur, les valeurs, les vertus, le droit, la propriété, la famille, le sang, le tribu, le village, le clan, la province et jusqu’à la nation, pas seulement à travers l’alliance de l’appel simple des cris de guerre pente sur la pente, mais aussi avec un code légal albanais avec environ 1500 articles.
Il semble qu’aujourd’hui la parole du Kanun est seulement un toponyme géographique car chacun résout l’affaire à sa tête. Le président de la Réconciliation Nationale dit que, le Kanun aujourd’hui est un défi sur l’impuissance de l’état à résoudre les affaires de manière juste. Il raconte dans une interview pour "Gazeta Shqiptare" (le journal albanais) comment vivent les familles enfermées, les zones les plus chaudes, quels sont les nouveaux conflits qui causent de victimes des temps modernes et comment fonctionnent les comités de la réconciliation de sang. Selon lui, la décision de condamner à 25 ans de prison ceux qui tuent pour la vengeance incite des meurtres pour de l’argent.
Combien le Kanun est-t-il puissant dans notre pays et quels sont les conflits qui génèrent ces drames ?
On remarque une augmentation de conflits avec des conséquences la vengeance et la vendetta. Tout cela à cause de la non détermination de l’état sur les rails exacts du droit. Nous avons des lois selon les standards européens, mais qui sont qu’une bonne copie et pas des lois fonctionnelles. Justement, en se trouvant devant l’impuissance de l’état, où un article a des centaines d’alternatives entre lesquelles peut passer l’anne avec ses hottes. Une grand partie des citoyens choisissent le Kanun, qui est formulé depuis des siècles, et qui était très exact et consistant et il ne laissait pas la possibilité de l’éviter. Les traditions coutumières du droit étaient très bonnes et tout le monde se sentait partie prenante. Il y avait une hiérarchie (l’Assemblée des sages) et chaque décision était pris par cette assemblée. L’Assemblée des Sages était composé par l’assemblée des montagnes qui était la première instance, par l’assemblée des régions, l’assemblée des clans, l’assemblée des villages et celui des tribus. Chaque décision qui était pris passait obligatoirement par cette hiérarchie, donc, le jugement par soi même était exclu complètement du Kanun.
Qu’est-ce qui ne va pas dans nos lois pour que les albanais choisissent encore aujourd’hui de remettre eux-mêmes le droit à sa place ?
Nos lois n’ont pat d’étique de mesure de droit. Elles ne mettent pas d’équilibre de sorte que les gens ne leur font pas confiance, mais cherchent à régler les choses selon la tradition.
Mais, les temps ont beaucoup évolué depuis que ce Kanun est formulé et qu’une bonne partie de ces articles ne peuvent plus être utilisés car si on allait appliqué point par point ce que le Kanun détermine, soyez convaincu que 90% des meurtres, commis au nom du Kanun, seraient évités.
Si on parlait des zones géographiques où ce phénomène est très typique, est-ce vraiment un phénomène que pour le nord de l’Albanie ?
Ce n’est pas du tout vrai. La carte des familles qui sont enfermées pour de telles raisons est étendue dans tous les districts, en commençant par Malesi e Madhe, Shkoder, Fushe-Krujë, Tirana, Durrës, Vlorë, Fier et Berat. Prenons l’exemple de Berat, où pour deux tribus on a 28 personnes tuées.
Il y a t-il une distinction de classification des motifs des meurtres entre le Nord et le Sud ?
Oui, je peux dire oui. Au Nord on tue le plus pour la vendetta, tandis qu’au Sud la vengeance est plus forte et le jugement par soi même. Par exemple, au Nord il ne s’est pas encore passé de tuer sa mère comme cela s’est passé à Vlorë. Mais dans ces cas pareils, que cela soit au Sud ou au Nord, le crime organisé est à l’œuvre ; (comme à Tropojë) mais dans beaucoup d’autres cas il l’est avec le soutien de l’état même ou des structures cachées de la police même.
Quels sont les conflits qui mènent surtout les familles dans des conflits armés et qui causent aussi des morts ?
Certainement que le développement économique a mis en lumière d’autres raisons
qui dégénère en conflit entre les générations. Les conflits qui arrivent en raison des propriétés sont inquiétants, surtout la loi 7501 a allumé beaucoup de foyer de conflit. Il y a aussi la loi des propriétés qui est problématique, celui des légalisations ainsi que la pauvreté, on leur rajoute aussi le stress. Ensuite sont rangés aussi les cas des trafiques des filles ainsi que les conflits dans la famille en raison des différentes mentalités. Toute cela a fait que les dernières années nous avons une augmentation des cas où on utilise le jugement par soi même pour résoudre le conflit.
Pour cela il suffit de mentionner le fait qu’au tribunal 120 mille demandes ont été enregistrées pour les propriétés et les terrains (la loi 7501), tandis que 4 mille familles sont en conflit en raison des trafiques de filles, mais ceci est tenu un peu plus au secret en raison de leur nature délicate. A travers les missionnaires il est rendu possible le retour de 73 filles, dont 16 étaient mariées. Les conjoints les avaient obligé à se prostituer. On les a retrouvées et elles sont allées vivre dans les régions d’où elles étaient originaires.
Actuellement, quel est le nombre des familles enfermées ? Est-ce que ce nombre a diminué ?
Malheureusement nous constatons que durant les deux dernières années, le nombre des familles impliquées dans ces conflits a augmentés. Si en 2005 nous avions seulement 860 familles en conflit, actuellement il y en a 1340 familles enfermées. Cela veut dire que 5 milles personnes ne sortent pas de leur maison et ne circulent pas librement et elles sont privées de leur vie quotidienne. Ils travaillent en cachette et la non application du Kanun a causé l’enfermement des femmes et des enfants. Nous connaissons des cas où on s’est vengé sur les enfants ou sur les femme, qui dans le Kanun est catégoriquement interdit. Donc, seulement à Tirana 110 familles sont enfermées et actuellement vivent en cachette à Durres, à Vlorë et qui se déplacent comme des flâneurs d’un endroit à l’autre. De cela, 670 familles sont en vendetta en raison des propriétés. Tandis que dans la zone du haut et du bas de Shkodar 1600 familles qui pourraient avoir un lien familial entre eux, n’ont pas d’entrées et sorties l’un vers l’autre car ils ont des conflits de propriétés, sans compter la zone de la ville. Nous sommes arrivé à un accord avec tout les pays de l’OSCE, pour accorder le droit d’asile en raison de la vendetta, et donc, ils ont pu sauver beaucoup de familles.
Comment le Comité de la Réconciliation est t-il fonctionnel et comment fonctionne t-il ?
Je dirais qu’il est très fonctionnel, même si ses missions se déroulent loin des yeux des gens habituels. Ce sont des affaires très délicates.
Nous avons deux résidences : le bord exclusif et celui du conseil. Nous avons des représentants dans chaque village où il y a des conflits de ce genre et sur base des nos stratégies pour le respect de la loi, nous avons des missionnaires qui suggèrent un groupe trio qui est composé du directeur de l’école, (car l’enseignant est considéré une autorité respectée), un intermédiaire, une personne dont la parole est entendue (missionnaire) et le chef du village. Ce groupe entre en contact avec les familles qui sont en conflit et dans 60% des cas les missionnaires sont parvenus à mettre la paix entre les familles en empêchant la vendetta. 30% d’entre eux étaient des conflits avec une grande tragédie, où on est parvenue à mettre la paix à travers un accord entre les deux parties. Pour éteindre les conflits ils se sont mis d’accord pour que la famille qui doit le sang offre toute sa propriété, sa maison et elle s’est éloignée, en échange elle donne 20 mille dollars jusqu’à 80 mille dollars.
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