‘Express’, vendredi, 15 mai 2009
Albin Kurti
Le mardi prochain est le huitième anniversaire de signature de l’Accord de Konçul. Cet accord a mis fin aux combats dans la Vallée de Presheve. Dès son titre (‘Déclaration de démilitarisation’) on comprend que le but principal de cet accord de deux pages était la démilitarisation. Mais la démilitarisation de qui ? De l’UCPMB naturellement. Pas des forces de la Serbie et non plus leur départ de la Vallée.
L’accord commence par l’inquiétude sur la sécurité, la stabilité et la paix et seulement après mentionne la discrimination et la persécution des albanais à Presheve, Medvegje et Bujanoc. Le but tait d’arrêter la guerre de l’an 2001 et non pas de résoudre le problème séculaire qui a amené la guerre.
Via cet accord on fait appel aux gouvernements de la Serbie et de RFY de corriger les politiques de Milosevic et d’intégrer les albanais dans le système. Comme quoi le problème était seulement Milosevic et non pas la Serbie (comme nous l’avons toujours connue), comme quoi les albanais de la Vallée ont voulu l’intégration en Serbie (que celle-ci leur refusait) et non pas la réunion avec le Kosovo (comme déclaré via le référendum du 1 et 2 mars 1992).
Via cet accord l’UCPMB a pris l’engagement de se ‘démilitariser, démobiliser et de se démanteler’ complètement. Ces notions ont représenté l’aspiration pour exterminer l’UCPMB à laquelle au moment de sa démantèlement on demandait d’accepter de garantir ‘l’entrée en sécurité et pacifique dans la section B des forces communes serbes’. Comme récompense, les ex soldats de l’UCPMB devaient être amnistiés, naturellement après avoir déposé volontairement leurs armes, ce qui faisait allusion qu’ils étaient coupables mais qu’on leur pardonnait.
Sauf l’appel aux forces communes de sécurité serbe de traiter les albanais ethniques de façon digne et respectueuse et de ne pas prendre leurs maisons ni propriétés cet accord est bizarre aussi par la constatation que l’UCPMB a réussi a attirer l’attention des internationaux et que maintenant le temps est arrivé pour qu’elle baise les armes ! Toute la guerre des albanais s’est réduite ainsi en un spectacle où il y avait aussi de spectateurs internationaux et que celui-ci devrait se terminer car certains s’ennuyaient.
Les acteurs devaient rendre les armes auprès du secrétariat du théâtre et sortir dehors pour continuer la vie normale. Ce secrétariat était la KFOR qui ensuite détruira les armes et les uniformes car le spectacle n’allait pas se répéter. Cet accord semble tellement à la chute du rideau à la fin du spectacle et nous demeurons surpris pas tellement avec la fin du drame mais plus avec le fait que ce qui vient d’être fini était un drame.
On ne sait pas où se trouve le signataire international de l’accord, Shawn F.Sullivan qui dirigeait à l’époque le bureau de l’OTAN en RFY. Mais nous savons qu’entre temps le négociateur international dans la Vallée, Pieter Feith est devenu roi au Kosovo et le principal signataire albanais, le comandant Shefket Musliu, est toujours en prison. Et cela n’est pas du thetare – il se trouve dans la prison de Dubrava. Comme ce n’est pas du théâtre mais une réalité brutale la sous-représentions et la discrimination des albanais dans la Vallée de Presheve, les arrestations et les emprisonnements.
Après la démilitarisation de l’UCPMB, la Vallée a été militarisée par les forces serbes come jamais auparavant. Parmi la population il existe toujours une peur mais aussi une apathie et dans les institutions locales le sentiment d’impuissance. Cela ne dépend pas de remplacement des figures à Belgrade, cela n’a pas changé quand Milosevic était parti et est arrivé Kostunica et non plus quand ce dernier a laissé sa place à Tadiq. Dans la Vallée de Presheve réellement règne la gendarmerie : le commune des pouvoirs à Belgrade quand il s’agit des albanais. L’accord de Konçul n’était pas seulement le résultat des pressions internationales envers les albanais mais aussi des pressions des internationaux envers les albanais mais aussi des pressions des politiciens de Prishtina lesquels, surtout lors des négociations à Vienne sur le statut du Kosovo, ont prouvé avoir oublié cette partie du Kosovo. Peut être ceux qui ont si facilement accepté la démilitarisation de l’UCK n’avaient pas de honte et avaient de l’intérêt de demander cela avec insistance à l’UCPMB et ensuite à l’UCK en Macédoine. Le désarmement des armées a été suivie par de politiques désarmées. En effet ce n’est pas un problème seulement les incendiées pendant la guerre mais aussi l’incendie de la guerre elle même.
L’auteur est leader du mouvement ‘Vetevendosje et contributeur du journal Express
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