Shekulli, 12/08/2010
Anila Dushi / Gjergj Marku,
Réapparu en scène depuis 1990, le triste phénomène du passé, qui en vérité est déformé et dégénéré et qui semble être un nouveau phénomène, continu a tiré quelque part avec des balles, avec des enfermements et souffrances. Dans les statistiques officielles de la police, dans chaque analyse annuelle, on est impressionné que les dernières années, les meurtres pour la vendetta ont une qualification à part.
Il m’est arrivé d’être présente à des scènes de crime pour la vendetta, de rencontrer des personnes enfermées (des vrais car il y a beaucoup d’autres qui déclarent d’être tels pour d’autres intentions, mais en réalité ils ne sont pas enfermés) de voir des femmes qui avec difficulté font face à la vie car les hommes doivent se cacher de l’ennemi, des enfants privés d’école et des joies de l’âge car ils ont peur des balles.
Il y en a parmi eux aussi qui ne supportent pas la pauvreté et l’enfermement et décident de sortir en se foutant de l’ennemi et de l’état qui ne les protège pas. Même, il y a des cas où ils attendent la balle avec la pleine conscience, en envoyant un message ; "je vais sortir et si tu veux, viens me tuer", comme cela s’est passé en décembre 2003 à Shkodër.
La vendetta a son nid au nord du pays, même si les crimes pour la vendetta ou pour la vengeance se passent dans les autres zones aussi.
La vendetta est un crime avec préméditation. Il a la possibilité d’être prévenu si ceux qui gèrent le travail le font avec un but uni et sans profits.
Quand un meurtre se passe, la famille de l’auteur ou de son clan ne sort plus, donc, s’enferme. "Cela par respect pour la victime", me disait il y a quelques années l’oncle paternel d’une personne qui avait tué, jusqu’à ce qu’on trouve une façon de communiquer avec la famille touchée et de décider quoi faire. L’état le sait, mail il ne s’implique pas dans les relations entre les deux parties. Même, la police a des statistiques des personnes enfermées et il sait plus au moins de qui ils se protègent.
C’est clair que la police ne peut pas contrôler les mouvements de tous les hommes adultes de la famille de la victime, qui peuvent tuer, mais par les information qu’elle a, elle peut prévenir de tels meurtres. Il y a même eu des cas, où des personnes impliquées dans une vendetta, en collaboration avec la police, ont pu prévenir des crimes en attente.
Le phénomène de la vendetta a changé de celui d’avant, vu qu’il n’exclu pas les enfants masculins ou les femmes. Ce n’est pas qu’elles soient en danger d’une balle mais elles ne sortent pas non protégées.
Dans quelques cas on ne se venge que sur la famille du tueur qui reste enfermée, et dans d’autres on va plus loin. Les enfants, les dernières années, n’ont pas été épargnés par la balle de l’ennemi. Des cas pareils il y en a eu à Shkodër en 2001, 2002, 2004, comme on n’épargne pas les femmes qui par hasard sont avec leurs proches masculins et elles sont tuées.
On parle de la vendetta et on continu à en parler. Des conférences nationales et régionales ont été tenues, des réunions, des rencontres du haut niveau, qui n’ont rien apporté d’autre que de rajouter de la publicité non désirée sur ce phénomène, qui malheureusement nous identifie dans les autres pays aussi.
Il suffit de me rappeler que chaque année disons, il m’est arrivé que des journalistes étrangers viennent à Shkodër pour demander de l’aide car ils veulent faire un reportage ou documentaire sur la vendetta.
C’est regrettable que les Albanais s’identifient dans le monde en montrant leurs mauvais côtés.
Les vendettas continuent. Les associations de réconciliation s’occupent beaucoup des projets et organisations des conférences. Quand il s’agit de protéger la famille de l’auteur, l’état le fait pour 1 ou 2 jours. Les gens restent indifférents et ils ne veulent pas s’impliquer dans de tels problèmes, vu que les conséquences de trahison ou de la parole non tenue sont très graves dans certains cas.
Le crime pour la vengeance a une disposition particulière dans le Code Pénal albanais et il est condamné avec un emprisonnement de 25 ans ou d’un emprisonnement à vie. En voyant les cas qui sont passés, les crimes pour la vendetta examinés par le tribunal, il apparaît que dans peu de cas nous avons une condamnation avec prison à vie, même les quatre dernières années il n’y en pas de tels. Ceci est aussi un guide qui donne vie au phénomène, qui continu à tuer sans fin.
La vendetta et les enfants
Jusqu’au mois de mai on comptait au moins 52 enfants à l’âge scolaire qui étaient enfermés parce que leurs familles étaient en vendetta. Il n’y a pas des statistiques exactes dans ce sens. Le Centre de Poliçan désigné pour les enfants qui souffrent de la vendetta n’est pas encore ouvert et de tels enfants risquent de grandir enfermés dans leurs habitations.
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Le meurtre était passé avant les années ’40 et les deux familles communiquaient depuis longtemps entre elles, vu que la vendetta semblait être clôturée.
MIRDITË - il parait que la vengeance du sang avait suivi longtemps dans la tête d’un homme de 80 ans du village de la commune de Rrëshen, qui avec une préméditation totale, selon la police, a tiré sur l’homme de 47 ans en le tuant avec quatre balles de pistolet. La raison pour cela était un meurtre commis il y 70 ans, où l’arrière grand-père de la victime a tué le grand-père de l’auteur.
L’événement grave s’est passé vers 10h 30 à quelques mètres de l’autoroute Rrëshen – Kalimash, à un sou passage du village Gëziq qui t’emmène au quartier Shterrë de Ndërfandë de la commune de Rrëshen, près d’un endroit avec des chênes, l’octogénaire, Ndue Gj. Çupi avait préparé une embuscade et quand il a vu passer l’home de 47 ans Ndue Lleshi, habitant de ce village, a tiré sur lui avec un pistolet en le laissant mort sur le coup.
Ensuite, il s’est dirigé vers sa maison dans le quartier Shterrë, sans rien dire à sa famille. Des passants de hasard, ont prévenu la police pour ce meurtre, tandis que les uniformes bleus ont retrouvé immédiatement le lieu de l’événement.
Entre-temps, le meurtre a été appris aussi par la famille Çupi, et selon les sources de la police, les fils de l’auteur étaient étonnés par cet événement grave, tandis que le vieux de la maison leur a dit qu’il avait commis le meurtre au nom d’un sang d’environ de 70 ans auparavant.
Ensuite, l’un d’eux a pris son père de 80 ans par le bras et l’a dirigé vers le lieu du meurtre, pour le rendre à la police qui investiguait sur l’endroit où le crime avait eu lieu. Son fils a dit à la police que le meurtre a été commis par son père, et qu’ils pouvaient l’emmener. L’homme âgé a avoué le meurtre, ainsi qu le motif qui l’avait poussé à cet acte sans précédant.
La vieille vendetta
Selon les gens qui sont connus dans cette histoire entre les deux familles, ce meurtre n’était pas nécessaire vu que les familles étaient réconciliées depuis des décennies. Avant l’année 1944, le premier meurtre de la famille Nikolli a eu lieu, mais l’autre famille avait pris la vengeance du sang après un mois et la vendetta avait pris fin. En plus, les familles ont commencé à avoir de bonnes relations familiales, en se basant sur les principes de la réconciliation qui était motivée par le Kanun des Montagnes. C’était une loi pour les montagnards de ces années.
La vengeance du sang de ce temps-là a été pris sur l’auteur même et toute chose était clôturée. Les familles ont eu de très bonnes relations ensemble depuis des années, en profitant des éléments amicaux, comme le parrainage, (devenir parrain).
Donc, le meurtre d’hier pour les enfants de l’octogénaire était injustifié. Ils étaient choqué quand ils ont entendu de la bouche de leur père que c’était lui le meurtrier de l’homme de 47 ans, d’autant plus que le motif était la vengeance du sang, qui ne devait pas exister entre les deux familles. Donc, ils n’ont pas hésité à rendre leur père à la police, tandis qu’eux même, selon la coutume ancienne, se sont enfermés chez eux.
Les enquêtes policières
Après l’arrestation de l’octogénaire et son interrogation par les officiers de la police judiciaire, où il a avoué le meurtre, on apprend que l’homme âgé a déclaré que ça faisait longtemps qu’il préméditait dans sa tête le meurtre et que la terre ne le digérerait pas s’il n’allait pas prendre la vengeance du sang.
Entre-temps, on a appris que tout le mécanisme de l’embuscade a été préparé durant les premières heures de la matinée, quand l’octogénaire c’était caché près de l’autoroute lorsqu’il a vu Ndue Lleshi s’approcher pour lui tirer dessus.
Ce dernier a été vu dans la ville de Rrëshen pendant quelques heures de la matinée et ensuite il est parti pour se rendre chez lui au village.
Mais il est tombé dans l’embuscade de l’octogénaire sans s’y attendre et sans penser recevoir la grêle de balles sur lui. Le père des deux enfants, avait travaillé depuis quelques années comme boulanger à Rrëshen et depuis longtemps il était sans travail.
La police est en train d’enquêter sur les motifs de ce meurtre et elle a pris des mesures pour ne pas permettre l’aggravation de la situation entre ces familles qui se trouvent dans le même quartier. Entre-temps, la police a séquestré l’arme du crime, un pistolet, ainsi que les douilles sorties de l’arme sur le lieu de l’événement.
En marquant que c’est le deuxième meurtre qui est commis à Rrëshen en un mois, l’un était le meurtre d’un jeune, à peu de mètres du commissariat et l’autre dans le village précité. On voit ouvertement le retrait drastique de la police et la non efficacité des structures policières pour prévenir ces meurtres qui dans ces zones prennent non seulement des vies humaines mais ils causent des nouvelles vendettas qui ne sont pas oubliées facilement par les habitants de ces régions, comme cela c’est passé avec le souvenir de 70 ans, de l’homme de 80 ans.
La famille de l’auteur quitte son habitation
Immédiatement après l’événement passé, on apprend par la police que la famille de l’octogénaire est partie dans un autre endroit. Cela c’est passé car la famille Çupi et Lleshi sont voisins et comme suite il peut y avoir une vengeance de sang, surtout dans les 24 heures qui suivent le meurtre.
* Les auteurs Anila Dushi et Gjergj Marku sont les correspondants du journal Shekulli à Shkodër et Mirditë.
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